Ces derniers temps, j’ai eu de nombreuses discussions sur ce que l’IA est capable de faire et ce dont elle est incapable. Dans mon travail quotidien de rédaction de textes alternatifs, c’est une question qui revient sans cesse. Les gens constatent la rapidité avec laquelle l’automatisation progresse et se demandent : « Une machine ne pourrait-elle pas simplement s’en charger désormais ? »
Soyons tout à fait honnêtes sur ce que l’IA peut faire de manière fiable pour les textes alternatifs : des tâches telles que la reconnaissance optique de caractères (OCR), l’extraction des légendes d’un schéma ou l’insertion de données chiffrées dans un modèle. Il s’agit là de tâches simples et mécaniques. Mais qu’en est-il d’une véritable description ? Nous n’utilisons pas l’IA pour rédiger des textes alternatifs, car elle n’est pas fiable dans les situations subjectives, qui constituent la plupart des cas que nous rencontrons.
Lire entre les lignes (et entre les pages)
L'IA n'est pas en mesure de déterminer le contexte du document pour savoir ce qui doit être décrit dans les figures. Nous prenons ces décisions en fonction de l'objectif du document, du public visé et du contenu global du fichier, et pas uniquement en fonction de ce qui apparaît dans la figure elle-même.
Réfléchissez à quel point la perception d’une image varie en fonction de son contexte. Par exemple, la description d’une photo de mannequin portant de beaux vêtements, publiée dans un magazine, mettra l’accent sur les créateurs, les couleurs et les tendances qu’elle met en avant. En revanche, si cette photo figurait dans un manuel sur la photographie, nous mettrions l’accent, dans la description, sur la pose du mannequin, l’éclairage utilisé et la mise en scène. Cette image peut être décrite de mille et une façons, selon le contexte. Nous utilisons même des mots et un ton différents selon que nous décrivons un manuel scolaire pour enfants ou un guide à l’intention des employés destiné aux adultes.
La dimension éthique de la description
Au-delà du contexte, nos actions impliquent une grande responsabilité. L'intelligence artificielle peut souvent se révéler inappropriée ou contraire à l'éthique dans ses descriptions, en attribuant une origine ethnique, un genre ou un âge aux personnes représentées. Nous n'y recourons que lorsque cela est nécessaire. Le fait de formuler des hypothèses concernant un personnage peut altérer le contexte et le sens de l'ensemble du document.
Lorsqu’un algorithme émet des hypothèses sur l’identité ou le parcours d’une personne, il ne s’agit pas seulement d’une erreur technique, mais d’un manquement éthique qui rejaillit sur l’image de la marque. Une véritable accessibilité respecte l’esprit du contenu et la dignité des personnes qui y sont représentées.
Lutter contre la fatigue auditive
Si vous avez déjà écouté un lecteur d’écran parcourir une page générée automatiquement, vous savez à quel point cela peut être pénible. L’IA est souvent redondante et répète les informations à l’utilisateur final, ce qui provoque une fatigue auditive importante. La rédaction manuelle est concise et ne décrit que ce qui est nécessaire et utile à l’utilisateur final, sur la base d’une évaluation de TOUT le contenu du fichier et du profil du client. Des normes différentes s’appliquent à des situations subjectives différentes, et l’IA n’est pas encore suffisamment avancée pour comprendre les besoins exprimés dans les documents et établir ces distinctions.
Enfin, l’IA accorde trop d’importance à des informations qui ne sont pas utiles aux utilisateurs finaux. Elle décrit des motifs, des couleurs et des textures présents dans les images qui n’aident pas une personne aveugle à comprendre ce qu’elle voit. Nous nous concentrons sur les données et les éléments clés des images, en mettant en avant l’objectif de l’image plutôt qu’en décrivant son apparence, sauf si cette apparence constitue en soi l’objectif (ce que nous déterminons à partir d’indices contextuels). L’IA peut décrire le “ quoi ”, mais nous décrivons le “ pourquoi ”, ce dont les utilisateurs finaux ont besoin pour comprendre le document dans son ensemble.
Aller au-delà des attentes : notre exigence d'excellence
C’est précisément là que notre processus « gants blancs » transforme le simple respect des normes en une expérience utilisateur exceptionnelle. Nous ne considérons pas les images isolément, et nous ne traitons pas l’accessibilité comme une simple case à cocher à la fin d’une chaîne de production.
Lorsque nous collaborons avec un client, notre équipe se plonge entièrement dans le dossier, en analysant le contexte, les objectifs pédagogiques ou professionnels fondamentaux, ainsi que le public visé. Nous peaufinons manuellement chaque phrase afin d’éliminer les éléments superflus qui fatiguent les lecteurs d’écran, pour proposer des descriptions concises, précises et respectueuses des principes éthiques. Nous traitons votre contenu avec le même respect et la même finesse que vous avez mis à le créer, en veillant à ce que chaque utilisateur final perçoive votre travail exactement comme vous l’avez prévu. Il s’agit d’un partenariat actif et délibéré, conçu pour soulager votre équipe tout en garantissant un niveau de qualité irréprochable.
En fin de compte, l'accessibilité numérique consiste à faire en sorte que les personnes qui se trouvent de l'autre côté de l'écran se sentent pleinement intégrées, valorisées et respectées. C'est là toute la différence entre cocher des cases pour satisfaire les validateurs automatisés et parvenir à une véritable excellence en matière de textes alternatifs accessibles.


